Amuse-gueules
-
Toniques -
Purgatifs -
Élixirs -
Onguents -
La Totale -
Votre Cure
Motivations
de l'auteur ------------------Début
du récit---------------------------------
Racine
du site
Chap1 Ch2 Ch3 Ch4 Ch5 Ch6 Ch7 Ch8
Vos commentaires sur ma page MySpace
Au
centre de la place se trouvait un puits. Le puits avait pour nom
Puits des Sortilèges. Cette
appelation lui venait de ce que dans l'ancien temps une Fée
s'était baignée dedans, et que,
héritant de son
magnétisme corporel, les eaux s'étaient
chargées
d'un mystérieux pouvoir curatif ainsi que de la mirifique
vertu de transmuter les cailloux qu'on y jetait en or, et, plus
merveilleux encore, d'exaucer le voeu que formulerait celui qui en
boirait trois gorgées d'affilée dans la
décennie
à venir. Par malheur, l'usage du puits tomba en
désuétude
à compter du fatidique jour où, mû par
son
inextinguible soif de lucre, certain ministre des finances s'y noya
tête première pour avoir voulu vérifier
d'un peu
trop près le bien fondé de la légende.
Dès
lors on boucha l'entrée avec une dalle, et la
végétation
recouvrit si bien la margelle que, deux
générations
plus tard, il ne se trouva plus personne pour en garder souvenance.
D'autant plus qu'un chêne truffier y avait élu domicile depuis deux millénaires. L'arbre aussi portait un nom : c'était L'Arbre du Sacrifice. On lui sacrifiait en effet régulièrement le corps d'un dragon sauvage occis dans quelque bois du voisinage --et non pas ceux des écuries royales, ce qui avait pour résultat de faire pointer comme le coucou d'une pendule la tête de la Dryade qui en habitait le tronc, laquelle se délectait goulûment du sang de la bête, et répondait ensuite à toute sorte de question qu'on voudrait bien lui poser.
Et
justement, depuis cinq minutes au moins, une clameur bourdonnante et
confuse en provenance du jardin de Zatlan serpentait et se frayait un
passage le long de la place en direction de l'arbre
consacré.
À ses devants s'avançait un homme à la
démarche
altière, au pas ferme et assuré,
épaules hautes,
visage grave, regard pointé vers l'horizon, qui tenait
posé
à plat sur ses deux mains un plateau d'argent finement
travaillé dont une petite boîte en bois
précieux
d'un brun foncé tirant sur le bistre occupait le centre, et
qui ressemblait à s'y méprendre à la
tablette
favorite du roi. Celle dans laquelle Kergal conservait comme une
relique sainte l'Oeil de Miretout, le fidèle Cyclope
extralucide de la cour que le trépas surprit dans sa cinq
millième année pour n'avoir ni vu ni
prévu
l'oubliette dans laquelle il tomba avec perte et fracas lors d'une
partie de Colin-maillard avec la reine. De mauvaises langues
racontent que le sinistre Bigletout, qui briguait la place de son
cousin, aida un peu le voyant à trouver la Trappe des
Ancêtres.
Digg
it!
Del.icio.us
it!
Scoop
it!
Fuzz
it!
Nuouz
Ca!