Amuse-gueules - Toniques - Purgatifs - Élixirs - Onguents - La Totale - Votre Cure
Motivations de l'auteur ------------------Début
du récit---------------------------------
Racine
du site
Acte I Acte II Acte III Acte IV Acte V Achat de l'intégrale en PDF
Vos commentaires sur ma page MySpace
--Monsieur
Dard ! Monsieur Dard ! C'est moi, Robin. Arrêtez !
Félicien Dard freine à temps. Il a manqué de l'éperonner. C'est vrai qu'il est myope et pas toujours à jeun.
--C'est
vous ? dit-il. Je ne vous avais pas reconnu. Que devenez-vous ?
--Ça
va, j'ai un boulot sur Montpezat.
Mais j'ai besoin de vos lumières, monsieur le pharmacien.
J'ai
un ami qui a contracté la fièvre du Vivarais. Ne
pourriez-vous pas me donner de quoi la calmer ?
Et le Hardi décrit les symptômes du malade. Il n'omet aucun détail.
--Et bien, d'après ce que vous me dites, ce patient, ce n'est pas un homme. C'est plutôt un cheval ! Il lui faut un remède d'importance.
Félicien Dard a réponse à tout. Consciencieux, professionnel, c'est un résolu. Il est du Sagittaire. Il fouille dans sa panoplie, derrière le rideau qui masque le fond de l'utilitaire. Il en sort une fiole remplie d'un liquide jaune pisseux.
--Voilà. C'est une potion que préparait autrefois mon père, du temps qu'il était colonel aux Cadets de Saumur. C'est pour les bêtes, mais en faible quantité ça peut faire pour nous. Pas plus de dix gouttes dans un verre, attention ! À renouveler trois fois par jour si persiste le mal. Au-delà d'une semaine, je ne vois que l'hôpital... Et vous, avec votre grosse moto, vous allez finir par y prendre vos quartiers. Ça vous pend au nez.
--Ah, monsieur Dard, vous me sauvez la vie. Enfin, celle de mon copain. Merci bien.
--Et vous avez de la chance. Je partais pour manifester à Sainte-Gabelle. À cause des taxes qui écrasent la profession. Je rentre dans trois jours. Pour un peu, vous trouviez porte close. Mais, à propos. Les coupables, ou le coupable, devrais-je dire, on les a retrouvés ?
--Les coupables ?
--Oui, ceux qui ont mis le feu chez vous.
--Les pompiers disent que ce sont des touristes.
--Des touristes ? Permettez-moi d'en douter.
--Pourquoi ?
--Parce que, bien qu'ils ne soient pas tous des plus futés, je ne les imagine pas choisir l'enceinte d'une entreprise pour griller des saucisses. Il y a bien assez de place dans les clairières à l'entour. Non, croyez-moi, jeune homme, celui qui a commis cette vilainie n'est pas plus touriste que vous et moi. J'en mettrais ma main au... Oh, pardon !
--Ah ?
--Et je ne serais pas étonné si l'on m'apprenait que c'est un habitant du coin.
--Vous m'en direz tant !
--Voyons. Il y avait peut-être quelqu'un au village que votre ruine arrangeait.
--Parce que ça ne serait pas accidentel ?
--Ah, jeune homme. L' expérience, l'expérience ! La vie m' a enseigné que rien ici-bas n'est gratuit. Enfin, pour ce que j'en dis. Allez. Bonne continuation, Robin. Content de vous avoir revu.
Et Robin que cette entrevue a laissé songeur, retourne au plus vite au chevet de Vlad. Il réfléchira aux propos de monsieur Dard plus tard. L'autre, dès qu'il le voit, il attrape la fiole et il te la vide à grandes gorgées.
--Non pas ça ! dit le Hardi. Ah, le malheureux ! Il va passer.
Mais va savoir comment la nature en dispose avec nous. Toujours est-il qu'après trente minutes de coliques infernales, le Vlad s'est retrouvé sur pieds. Un teint de rose aux joues. Il tenait même une de ces formes !
Ce qui aurait tué un escadron de hussards l'a remis en santé. Pas mal, pour un malingre.
Amuse-gueules
-
Toniques -
Purgatifs -
Élixirs -
Onguents -
La Totale -
Votre Cure
Mettez-nous en
marque-page communautaire !