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L'ÉDITO
AOÛÛÛHH
!!! - Marre,
marre, et marre ! Toujours vous pénétrez
céans et me
zappez aussi sec. Tout ça parce que je n'entre pas dans le
cadre de
vos idées fixes. Mais ventrebleu, j'ai des choses
à dire, moi
! Quand donc le chaland prendra t-il dix minutes pour faire le tour
du propriétaire ?
700 pages, quand même...
Non,
je ne vends
pas de cul ; non pas davantage de littérature
frelatée à la
guimauve ; non, je ne vends pas de pastilles miracle
qui,
sitôt avalées, donnent la science
infuse et vous
dispenseront de lire, tas de fainéants ! Non,
je ne suis pas un " grand maître ", car qu'elle soit d'ordre
étatique, économique, idéologique ou
spirituelle, l'autorité
n'est qu'escroquerie. Elle spolie l'individu de sa liberté
de penser par soi-même. Non, je
ne suis pas un spécialiste, un anarco-syndicaliste, un
obsédé en ceci ou en cela. Je hais
les mots en "_isme". Tous mènent à la folie. Et
ce n'est pas celle
d'Érasme.
Les docteurs, c'est
en face. Moi, je ne
serre jamais la main à un Docteur : à chaque fois
je suis malade,
et bonjour la colique. Avec la tisane de
Mère-Grand, cela
n'arrivait pas. Je m'adresse à l'homme, seulement
à
l'HOMME.
Et si vous n'avez
pas quatre euros et
demi pour m'acheter une oeuvre
complète, allez chez le libraire,
vous verrez si c'est
mieux. Tout ça parce qu'il y a un logo
d'éditeur célèbre
tamponné sur le chassis des poules pondeuses. Ça
vous rassure de
lire les mêmes textes que votre voisin ? Eh quoi ? Quand vous
mangerez en bonne société entre
gens
bien endentés, vous pourrez prouver
votre culture entre
les huîtres et le pâté. Faites donc ici
emplette de l'Introuvable,
ça vous changera, puisqu' ENFIN, vous m'avez
trouvé...
Radins, voyeurs,
petits voyous, va ! Et
en plus, quand ça lit, ça ne prend jamais la
peine de m'envoyer un
petit
merci par courriel. Comme si tout devait aller
de soi...
Je veux qu'on m'aime, moi ! Et avant que je crève, si
possible.
C'est-y bien compris, ou faut-y que je me couvre de poils et vous
morde à minuit ? Ah, mais, quelle rage ! AOÛÛÛHH
!!!
LE
LOUP-GAROU
P.S.
: voilà ce qui
arrive, quand
on m'énerve.
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LA BELLE ET LE PRINCE-LOUP, conte
naïf
Une
belle vivait dans une
chaumière au fond des bois. Comme toutes les jeunes filles,
elle
rêvait d'un prince charmant qui la rendrait heureuse.
Un
jour, le fils du roi
alla chasser la biche en forêt. Mais un loup
affâmé qui le surprit,
et voulait lui prendre son gibier, le mordit.
Le
prince en réchappa, mais
il fut frappé d'une malédiction. Toutes les
pleines lunes, il se
mutait en loup et causait grand carnage de brebis. Tant est que les
villageois alentours s'en alarmèrent et
organisèrent battue sur
battue.
Un
soir qu'il était traqué,
le prince-loup fut grièvement blessé au flanc et
se traîna en
gémissant jusqu'à une chaumière.
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Or,
c'était la demeure de la belle. Le voyant ainsi meurtri,
oubliant
sa peur, elle lui dit :
--Pauvre
loup, que tu dois
souffrir ! Entre, que je panse tes plaies. Viens. Je te donnerai
à
boire et à manger tout ton content.
Et
la belle fit si bien
qu'à l'aube, le loup revint à la vie et redevint
homme.
Plus
une seule fois il ne
fut loup. Car la belle l'avait guéri par des gestes et des
paroles
d'amour que, tout prince qu'il fût, on ne lui avait jamais
dites.
Dès
lors, ils ne se
quittèrent plus et vécurent un rare bonheur. Que
ce fût dans les
bois ou dans un château, peu importe : pour s'aimer il n'est
point
de sot lieu.
J.M.
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DES
NOUVELLES DE L'ÂNE QUI CHIE DES
PIÈCES D'OR,
actu
Oyez,
bonnes gens !
Il est au
coeur du royaume un baudet qui prétend qu'il suffit de
travailler
plus pour rouler carosse. Or qui ignore aujourd'hui que pour
s'enrichir, il faut surtout utiliser autrui ? L'on ne sache pas
qu'Asinus, nigaud las d'art cosy, maistre avocat, Grand
Connétable
de Jacques, oncques connut vie de charbonnier. Son
épée,
Carchère,
lui
sert à guerroyer contre la vie chère et
à bouter l'Angloys hors des
cages d'escalier. Montjoye Saint Denis !
En face,
Dame Aliboronesse promet tout à tout le monde. On est
sûr, qu'à ce
train-là, demain on rasera gratis. Oui mais,
d'où sortiront les
deniers lorsque, affolés, tous les racledenares bien pansus
iront
brouter avec les vaches d'Helvétie ?
Un
troisième couteau arrive dans la course. Un âne
des Pyrénées fort
têtu. Il trotte, il trotte, mais gare à l'outsider !
Souventes fois il coiffe au
poteau les favoris. D'autant qu'il vient du pays des ours et de la
cuisine, art qui consiste à accommoder les restes.
Toutefoys, c'est
un général sans armée, et sa bourse
est bien plate... Quant à
vouloir passer outre le sempiternel clivage entre Ogres et Torcheculs
en
terre de France, ce n'est là que voeu pieux.
Et si je ne
parle pas d'un quatrième larron, c'est par goût du
ternaire, canon
de toute esthétique réussie. Choisir entre un
tribun enragé qui se
prend pour Charles Martel, le Fou du Puy, un Buffet mal commode, un
facteur qui n'entend rien aux Lettres, ou un écolo
à la verte
moustache : sacrée gageure ! De quoi contracter aux urnes le
fameux Colibacillium
ministrosa... Surtout qu'il n'est pas de mise de
se défausser ici, car qui vote blanc vote noir.
Alors, à
la
fortune du pot, et qu'on se le dise !
J.M.
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